12 ans de cafés théologiques

cafe-1L’initiative des cafés théologiques à Rouen remonte à octobre 2002, quand un groupe d’étudiants du Centre Théologique de Rouen (le CTU, lancé en 1996 par Mgr Duval), ont eu l’idée d’intéresser le public rouennais à des débats et des questionnements de nature théologique et religieuse, témoins certains sujets tels que « Faut-il enseigner les religions ? », « Peut-on être chrétien sans pratiquer ? », ou bien « Le Péché Originel ». Après 12 ans de questionnements et d’échanges et 105 sujets, l’équipe animatrice a décidé de passer la main, même si pour l’instant il n’y a pas de candidats pour la relève, que nous espérons bien sûr, même si elle doit venir après un temps de latence.

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Christologie et Trinité à l’Époque des Pères de l’Église, du 2ème siècle au concile de Chalcédoine (451)

La foi trinitaire et la foi christologique sont déjà attestées dans certaines expressions du Nouveau Testament, en particulier la formule du baptême en Mt 28, 19 (« de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit »), pour la Trinité, et le prologue de Jean, 1, 14 (« Et le Verbe s’est fait chair et il a campé parmi nous »), pour la christologie. Néanmoins la difficulté à admettre le scandale de l’Incarnation conduit très vite à des hérésies christologiques. Selon l’adoptianisme, le Christ n’est qu’un simple homme sur lequel l’Esprit Saint est descendu ; inversement, le docétisme judaïsant, puis gnostique, contre lequel luttent Ignace d’Antioche, Irénée de Lyon ou Tertullien, nie la réalité de l’incarnation et des souffrances du Christ, sous prétexte d’en préserver la divinité.

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LA LIBERTÉ : VALEUR CHRÉTIENNE OU CONCEPT RÉPUBLICAIN ?[1]

liberté

Le concept de liberté est un concept difficile à définir. Le libellé du sujet laisse d’ailleurs penser qu’il existe une définition religieuse de la liberté et une définition républicaine de la liberté qu’il convient d’opposer. Certes, des événements politiques récents ont opposé des groupes de personnes défendant des théories de la liberté différentes, elles-mêmes appuyées sur des conceptions de l’homme et de la société radicalement opposées. Notre point de vue est qu’une stricte opposition, sans nuance, de deux théories contraires ne semble pas être le meilleur moyen de définir au mieux le concept de liberté ni de montrer en quoi ces théories, sans être totalement conciliables, ont suffisamment de points communs pour permettre un dialogue possible et nécessaire dans le cadre de la « res publica ».

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THOMAS D’AQUIN : LIBERTÉ ET FAIBLESSE DE LA VOLONTÉ DANS LA SOMME DE THÉOLOGIE

Thomas d’Aquin étudie longuement le thème de la liberté de la volonté dans les deux premières parties de la Somme de théologie. Ces deux parties sont à lire de manière complémentaire. Dans la Prima Pars (1269-1272), Thomas présente l’homme en condition de liberté. Il pose le problème de la liberté de l’arbitre. Dans la Prima Secundae Pars (1271), il présente l’homme exerçant son acte libre. Il pose le problème du volontaire et de la liberté de choix. Il développe sa théorie à l’aide du traité De l’âme et de l’Éthique à Nicomaque (tous deux d’Aristote) dont il vient de réaliser deux commentaires littéraux. La volonté dispose-t-elle de la liberté de l’arbitre ? Veut-elle et choisit-elle librement ? Est-t-elle libre vis-à-vis du mal ? Continuer à lire … « THOMAS D’AQUIN : LIBERTÉ ET FAIBLESSE DE LA VOLONTÉ DANS LA SOMME DE THÉOLOGIE »

Saint Jerôme méconnu

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Si on a un peu oublié saint Jérôme, sans doute en partie occulté par le prestige et la dimension intellectuelle de son contemporain Augustin, à peine plus jeune de quelques années, il n’est pourtant guère d’église un peu importante ou de musée qui n’ait son ou ses tableaux représentant ce saint, souvent comme un ermite à moitié nu, en train de se frapper la poitrine d’une pierre, alors qu’il n’a passé que quelques années dans le désert de Chalcis, accompagné d’un lion, emprunté à la légende de saint Gérasime et, à travers elle, à l’histoire d’Androclès[1] ; parfois aussi il est représenté coiffé du chapeau rouge et revêtu de la pourpre cardinalice, sous prétexte qu’il a plus ou moins joué auprès du pape Damase le rôle de secrétaire.  Cette iconographie abondante ne nous aide pourtant pas beaucoup, comme on voit, à savoir qui était vraiment ce Jérôme.

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POURQUOI « LIRE » THOMAS D’AQUIN AUJOURD’HUI ?

st-thomasLa recherche sur l’œuvre, immense, de Thomas d’Aquin semble inépuisable tant son œuvre est immense et féconde. Aujourd’hui encore, la Somme contre les Gentils demeure un modèle de démarche intellectuelle et la Somme de théologie, bien qu’inachevée, reste un chef d’œuvre de pensée systématique. Deux démarches sont possibles : étudier Thomas du point de vue systématique ou étudier Thomas du point de vue historique. Longtemps, les deux démarches ont semblé opposées. Aujourd’hui, il est convenu qu’elles sont complémentaires. L’œuvre thomasienne fait partie de l’histoire de la rationalité humaine, a hérité de problématiques auxquelles elle propose des solutions et qu’elle transmet. Faut-il lire Thomas en philosophe ou en théologien ? Thomas lui-même ne présente ni la philosophie comme « servante » de la théologie ni la théologie comme « maîtresse » de la philosophie. Sa définition de la théologie ne permet pas de faire de celle-ci une « maîtresse ». En effet, la théologie est subalternée à la science de Dieu. C’est la science de Dieu qui est la vraie « maîtresse ». Thomas lui-même veut éviter l’idée que la philosophie reçoive ses principes de la théologie et lui soit subordonnée. La philosophie a ses propres principes et sa propre méthode qui lui permettent de tirer ses conclusions. Si Thomas a écrit des ouvrages philosophiques, c’est surtout à l’intérieur de ses œuvres théologiques qu’il élabore sa philosophie. Pour Thomas, il y a une harmonie nécessaire entre savoir théologique et savoir philosophique, harmonie qu’il appelle subalternation des fins et cela grâce au fait que tout savoir tire son origine de la science de Dieu, bien que de façon différente.

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Bulletin Théologique n°0

Depuis presque 20 ans, le Centre Théologique Universitaire de Rouen accompagne les chrétiens normands désireux de se former en théologie. Au long d’un parcours universitaire destiné à obtenir la licence de théologie en partenariat avec l’Institut Catholique de Paris, les étudiants s’immergent dans le vaste monde de la théologie et de l’exégèse. De bien des façons, même si un diplôme ne fait pas tout, les fruits de ces formations poussent ici et là.  L’arrivée de ce bulletin en est un assurément. Projet ambitieux qui consiste à rendre compte de l’actualité de la théologie dans notre région. Projet modeste puisqu’il entend ne pas se substituer aux revues déjà établies. Avec des articles, des recensions d’ouvrages, les conférences, le bulletin entend donner un écho de ce qui se vit en Haute-Normandie au sujet de la théologie. La tenue d’un bulletin est une activité exigeante et passionnante. Exigeante car il faut tenir les délais, accompagner les articles, relancer les auteurs, veiller aux détails de l’édition (même sur le web). Passionnante car elle demande une attention constante « aux signes des temps », à la façon dont nos sociétés réfléchissent et sollicitent les capacités de réflexion des disciples du Christ. Puisse ce bulletin contribuer à la réflexion et témoigner combien aussi en théologie, l’Eglise, suivant la formule de Paul VI, veut se faire conversation avec le monde.

Père Jean-Baptiste SEBE

Directeur du CTU