Jules Michelet – Jeanne d’Arc

Jeanne d'ArcFolio 2€, 2017, extrait de Jeanne d’Arc et autre titres, Folio classiques n°441

On peut aussi lire le texte de Michelet ici : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3735914.image

Les (ex)hauts-normands savent que Jules Michelet (1798-1874)[1], l’historien républicain, le professeur au Collège de France, anticlérical et « romantique », est l’un des leurs, puisqu’ils visitent encore sa résidence, le château de Vascœuil (proche de Lyons la Forêt), et peut-être hésitent-ils, au moment de se rappeler qu’il a écrit cet essai sur Jeanne d’Arc (1841), si ce texte est à la gloire de la sainte (donc de l’Eglise), ou bien à celle de la France (et alors c’est la République). Eh bien, à la lecture de ce court mais fort ouvrage, ce n’est pas si simple ! Continuer à lire … « Jules Michelet – Jeanne d’Arc »

L’INSR et l’apprentissage de la théologie

INSRVous êtes en ce moment en train de vivre la fin d’une ère… modeste, bien sûr, mais quand même. Le CTU, dont ce Bulletin (et ce site internet) était l’organe de réflexion et de partage d’idées (théologiques et religieuses au sens large), va bientôt disparaître, mais en fait renaître sous les traits de l’INSR, Institut Normand de Sciences Religieuses, qui prend sa suite en modifiant pas mal de petites choses, même si elles ne se voient pas forcément directement quand on vient suivre des cours au Centre diocésain pour obtenir une licence de théologie. Les cours se ressemblent beaucoup : Écriture sainte, Théologie dogmatique, Philosophie, Histoire de l’Eglise, Morale, Langues anciennes… le programme demeure fidèle aux fondamentaux de la formation en théologie (l’INSR dépend de l’IER, faculté de la Catho parisienne dont il reprend les programmes). Les changements se situent davantage dans la structure. L’INSR est en effet à présent un Centre d’enseignement normand, situé à Caen et à Rouen, en lieu et place du CTU et du CET, le Centre d’Etudes Théologiques dont certains ont dû entendre parler. Pourquoi avoir fait fusionné ces deux centres, autrefois indépendants (bien que dépendants tous deux de la Catho de Paris ? Principalement pour redonner un coup de fouet à la formation catholique, et en dynamiser le sens et les ressources. Continuer à lire … « L’INSR et l’apprentissage de la théologie »

Lectures chrétiennes orientales de l’Islam

Perspectives et réflexionsAu Moyen-Orient, espace à grande majorité musulmane, les chrétiens orientaux sont obligés de vivre dans une logique communautariste, et conservent bien souvent une mémoire blessée de leur histoire avec l’islam. En même temps, depuis l’origine de l’islam, s’y développent un questionnement et une réflexion sur cette religion, son identité, sa « place » dans le plan de Dieu. Beaucoup de chrétiens ne s’enferment pas dans le fonctionnement communautariste, et s’engagent dans un travail social, scolaire, éducatif, médical, ouvert à tous, tout en réfléchissant aux bases théologiques permettant de « vivre ensemble », et d’estimer, ou au moins de respecter la religion de l’« autre ». Continuer à lire … « Lectures chrétiennes orientales de l’Islam »

Le Dieu plongeur

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Céramique polychrome de Dzibanché (Musée national d’anthropologie de Mexico)

La méditation biblique du dimanche 29 mars dans le Prions en Eglise, proposée par Marie-Laure Durand, se base sur la première lecture tirée du prophète Ezékiel, chap. 37, où le prophète promet au peuple d’ouvrir ses tombeaux et les faire revenir vivre et se reposer sur la terre d’Israël. « Vous saurez que le suis le Seigneur », dit-il, « quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai remonter. Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez. » Or la bibliste intitule sa méditation « Plongeur sauveteur », ce qui me plonge moi aussi dans une réflexion que je vous livre également. Continuer à lire … « Le Dieu plongeur »

Les flocons, la science et Dieu

Il est peu probable que vous ayez lu ou bien participé aux échanges du 13 février 2020 sur Facebook, à la page intitulée « Trust My Science », qui rend public des vidéos et photos à caractère scientifique, et qui cette fois-là présentait de très beaux clichés de flocons de neige :

Flocons

       Crédits : Alexey Kljatov

Voici la page LIEN dont va s’occuper cet article. Mais d’abord quelques extraits (les pseudos ont été réduits à leurs initiales, et les fautes de français ont été corrigées. Certains termes grossiers ont été abrégés). Continuer à lire … « Les flocons, la science et Dieu »

La notion de dignité dans les œuvres d’A. Camus et de M. Zundel

Albert Camus  Maurice Zundel

Camus (né en 1913) et Zundel (né en 1897) sont des contemporains. Camus est plus jeune de 16 ans. Ils sont « fils de leur temps » : un XXe siècle tragique qui a connu 2 guerres mondiales, le stalinisme, le nazisme, les guerres coloniales…siècle de violences inouïes. Tous les deux ont été des penseurs qui se sont interrogés sur la condition humaine, et sur la dignité de l’être humain tellement bafouée au XXe siècle. Les réponses qu’ils élaborent sont bien sûre différentes, en raison de leur option de départ : l’agnosticisme pour Camus, la foi chrétienne pour Zundel, et    en raison de la spécificité des démarches philosophique et théologique, mais j’ai pensé que  des rapprochements stimulants pouvaient apparaitre dans l’analyse de la notion de  « dignité » chez ces 2 auteurs. Continuer à lire … « La notion de dignité dans les œuvres d’A. Camus et de M. Zundel »

Édouard Wéber, Nature, singularité et devenir de la personne humaine chez Thomas d’Aquin

Édouard Wéber, Nature, singularité et devenir de la personne humaine chez Thomas d’Aquin, Bibliothèque Thomiste, Paris, Vrin, 2018, 482 p.

Edouard WéberEn 2018, les éditions Vrin ont publié dans la prestigieuse collection de la Bibliothèque Thomiste une nouvelle étude d’Édouard Wéber, chargé de recherche émérite au C.N.R.S, sur l’anthropologie de Thomas d’Aquin. Spécialiste de l’œuvre thomasienne mais aussi de celles d’Albert le Grand et de Bonaventure, spécialiste de noétique, Édouard Wéber n’a eu de cesse de réétudier les textes et leurs sources, de les situer dans leur contexte institutionnel et doctrinal et de proposer une connaissance de plus en plus précise de l’anthropologie thomasienne. Continuer à lire … « Édouard Wéber, Nature, singularité et devenir de la personne humaine chez Thomas d’Aquin »

Les lois bioéthiques ou l’effacement programmatique du père

L’histoire retiendra certainement que l’année 2020 aura vu l’humanité affronter deux défis majeurs :

– Une pandémie mondiale qui menace la survie même de l’espèce, et qui assombrit son devenir.

– Un projet de loi bioéthique dont les conséquences, notamment sur la filiation et le rôle du père, sont imprévisibles, et qui entrainent un refus de l’altérité et notamment la première d’entre elle, celle de l’Altérité Absolue, celle de Dieu, le Créateur. Continuer à lire … « Les lois bioéthiques ou l’effacement programmatique du père »

Evangile et tradition rabbinique

Evangile et tradition rabbinique

Michel Remaud, rééd. chez Lessius, 2018

evangile-et-tradition-rabbiniqueJésus était un Juif pratiquant, il enseignait et il avait des disciples dans le cadre de sa religion, on l’appelait « Rabbi » : tout cela est familier aux chrétiens. Mais Michel Remaud, prêtre catholique, grand judaïsant qui enseigne à Jérusalem depuis plusieurs décennies, rappelle que le judaïsme ne se limite pas à ce que nous en dit l’« Ancien Testament ». Aujourd’hui encore, la culture et l’identité juives sont plus coutumières  de toute une littérature rabbinique très ancienne, que les chrétiens ne connaissent généralement guère : Talmud, Midrash, Targum etc. qui fondent la foi et la pratique juive. La judéité de Jésus et des auteurs du Nouveau testament était imprégnée de cette tradition, que nous connaissons si peu. Elle se retrouve dans son enseignement, elle peut donner des clés de lecture, mais généralement nous l’ignorons, et un rabbin d’aujourd’hui pourrait comprendre, en lisant les Évangiles ou St Paul, des allusions qui échappent aux chrétiens… Continuer à lire … « Evangile et tradition rabbinique »

« Nul ne peut venir à moi si le Père ne l’attire » (Jn 6,44)

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Lors du précédent numéro du Bulletin, j’avais conclu l’article sur Le Filet dans la Bible par l’évocation de l’attirance mis en œuvre par Dieu le Père pour sauver les hommes. On se souvient que le symbole du filet avait été proposé comme pouvant figurer la parole vivante jetée sur le monde, et que puisque Jésus-Christ lui-même est appelé Logos, Verbe de Dieu, c’est lui le filet dont use son Père pour tenter de nous amener à lui et de nous sauver. Mais en évoquant au passage Jn 6,44 (« Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour »), je m’étais demandé si ce thème de l’attirance des hommes par  Dieu ne devait pas être creusé. Il m’avait semblé en effet que ce thème pourrait représenter une structure positive voulue par Dieu, mais dont nous ignorerions volontiers l’existence et la nature. Que Dieu veuille nous sauver, nous le savons, même si nous ne mesurons sans doute pas toute l’étendue de cette volonté. C’est une donnée de notre foi concernant le Dieu Amour. Mais une deuxième, non moins importante, et qui lui est comme consubstantielle, c’est l’octroi de notre liberté, et cela au nom du même Amour : si l’on aime vraiment, si l’amour est authentique, il accepte de laisser l’autre libre. Telle est à la fois la grandeur et la fragilité de l’amour : il ne donne d’importance à l’aimé que pour autant qu’il le rende libre de refuser cet amour. Et on peut dire que c’est à cette seule condition que notre modernité laïque tolère encore « les religions » : que les dieux de ces religions lui laissent la bride sur le cou et la liberté de le refuser. Continuer à lire … « « Nul ne peut venir à moi si le Père ne l’attire » (Jn 6,44) »