« Nul ne peut venir à moi si le Père ne l’attire » (Jn 6,44)

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Lors du précédent numéro du Bulletin, j’avais conclu l’article sur Le Filet dans la Bible par l’évocation de l’attirance mis en œuvre par Dieu le Père pour sauver les hommes. On se souvient que le symbole du filet avait été proposé comme pouvant figurer la parole vivante jetée sur le monde, et que puisque Jésus-Christ lui-même est appelé Logos, Verbe de Dieu, c’est lui le filet dont use son Père pour tenter de nous amener à lui et de nous sauver. Mais en évoquant au passage Jn 6,44 (« Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour »), je m’étais demandé si ce thème de l’attirance des hommes par  Dieu ne devait pas être creusé. Il m’avait semblé en effet que ce thème pourrait représenter une structure positive voulue par Dieu, mais dont nous ignorerions volontiers l’existence et la nature. Que Dieu veuille nous sauver, nous le savons, même si nous ne mesurons sans doute pas toute l’étendue de cette volonté. C’est une donnée de notre foi concernant le Dieu Amour. Mais une deuxième, non moins importante, et qui lui est comme consubstantielle, c’est l’octroi de notre liberté, et cela au nom du même Amour : si l’on aime vraiment, si l’amour est authentique, il accepte de laisser l’autre libre. Telle est à la fois la grandeur et la fragilité de l’amour : il ne donne d’importance à l’aimé que pour autant qu’il le rende libre de refuser cet amour. Et on peut dire que c’est à cette seule condition que notre modernité laïque tolère encore « les religions » : que les dieux de ces religions lui laissent la bride sur le cou et la liberté de le refuser. Continuer à lire … « « Nul ne peut venir à moi si le Père ne l’attire » (Jn 6,44) »

Repenser l’évangélisation

Les chrétiens sont appelés à reconnaître qu’être disciple du Christ, c’est aussi être missionnaires; mais, en pratique,… qu’est-ce que cela veut dire ? Il est grand temps de distinguer l’annonce – ou plutôt le partage – de la Bonne Nouvelle avec le recrutement de nouveaux adhérents comme cela se fait dans des associations ou des partis politiques ; ou encore, avec les dénombrements de participations aux offices liturgiques qui sont relativement aisés à établir mais dont on peut discuter la pertinence en terme d’indicateur d’appartenance ecclésiale et/ou de vie chrétienne. Il est temps surtout de repenser le pourquoi, le contenu et les modalités de l’évangélisation. C’est à cette réflexion que je souhaite contribuer par la recension de l’article du P. André Fossion intitulé « Repenser l’évangélisation », récemment publié.[1] Le P. Fossion, jésuite, fut enseignant au Centre international Lumen Vitae (Namur) avant d’en être le Directeur de 1992 à 2002. Sa vie d’enseignant-chercheur fut centrée sur la théologie pratique et plus particulièrement la catéchétique, solidement fondée sur la conjugaison des  sciences contemporaines du langage avec une théologie fondamentale.

Après avoir mis en exergue une citation de Paul VI : « …les hommes pourront se sauver aussi par d’autres chemins, grâce à la miséricorde de Dieu, même si nous ne leur annonçons pas l’Evangile. »[2], l’auteur affirme que l’Église « est le signe, dans l’histoire, de l’humanité appelée, rassemblée et sauvée, avec la création tout entière, à la fin des temps, dans le Royaume à venir » (p 583). Il n’y a pas de contradiction entre ces deux propositions. En effet, nous sommes loin de l’interprétation étroite de l’adage « hors de l’Église, pas de salut » qui, au temps des colons et d’une certaine théologie,  conduisait des missionnaires à baptiser en masse pour « sauver des âmes ».

On se rappelle que Dieu nous a donné son Fils qui s’est lui-même offert « pour la multitude » ; on relit Paul qui écrit que « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. » (1Tm 2,4), et on admet que ceux qui n’appartiennent pas à l’Église « pourront être sauvés parce qu’ils font partie intégrante de l’humanité qui sera sauvée » [3] Les Pères de Vatican II précisèrent : « ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l’Evangile du Christ et son Eglise….s’efforcent d’accomplir dans leurs actes sa volonté qu’ils connaissent par les injonctions de leur conscience…eux aussi peuvent obtenir le salut éternel. »[4] Alors, « pourquoi évangéliser lorsque l’on sait que les hommes pourront être sauvés, même si nous l’annonçons pas l’Évangile ?

D’abord, n’oublions pas que Jésus lui-même disait : « c’est pour annoncer la bonne nouvelle du Règne de Dieu que j’ai été envoyé » (Lc 4, 43). Et, si dilemme il y avait, il serait résolu par les Pères conciliaires qui précisent : « Bien que Dieu puisse, par des voies connues de lui, amener à la foi sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu (He 11, 6), des hommes qui, sans faute de leur part, ignorent l’Évangile, la nécessité incombe cependant à l’Église (cf. 1 Co 9, 16) – et en même temps elle en a le droit sacré – d’évangéliser, et par conséquent son activité missionnaire garde, aujourd’hui comme toujours, toute sa force et sa nécessité. »[5] Paul VI, après son affirmation sur l’extension à tous les hommes du salut en Jésus-Christ « même si nous ne leur annonçons pas l’Evangile », poursuivait en inversant l’interrogation: « Mais nous, pouvons-nous nous sauver si (…) nous omettons d’annoncer l’Evangile? »[6] Précisons le sens qu’il faut donner au mot « salut » dans la foi chrétienne : il s’agit de la vie en abondance, la vie que Dieu nous donne, et in fine la participation à sa vie trinitaire. Nous devons concourir à ce « parcours » qui n’est pas un auto-accomplissement, qui ne se mérite pas, qui est un don gracieux de Dieu bien au-delà de ce que nous pouvons espérer… mais qui, pourtant, demande notre participation : il nous faut accueillir.

Ce salut déborde des réalités ecclésiales. Le salut du monde est déjà en marche indépendamment de l’annonce évangélique. La création tout entière, habitée par l’esprit, est toujours en gestation : « elle attend, écrit Saint-Paul avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. » (Rom 8,18-25) A. Fossion ajoute: « …depuis l’aube de la création, tout être humain, qu’il le sache ou non, est l’objet, selon le dessein de Dieu, d’une promesse de salut plus originelle que le péché du même nom », et commente : « Ainsi la promesse de salut fait partie intégrante de la grâce de la création elle-même. L’appartenance à la foi chrétienne ne se présente ici nullement comme un chemin obligé pour en être bénéficiaire. Grâce à Dieu il n’y aura pas que des chrétiens dans le royaume de Dieu à venir. » (p 586).

A cette affirmation, je serais tenté d’ouvrir une dimension de réflexion supplémentaire : « la création tout entière » ne se limitant pas au genre humain qu’elle l’englobe, y aurait-il, pour « la création tout entière » un accomplissement dans le royaume de Dieu ? Jean, dans sa révélation, entendit « celui qui siège sur le trône » dire : « Voici, je fais toutes choses nouvelles» (Ap 21, 5). La « Jérusalem céleste », la « Cité de Dieu » ne concernent peut-être pas uniquement ses habitants …[7] Mais revenons à l’humanité et aux moyens de salut de l’Église. Il faut préciser que, si « Dieu a lié le salut au sacrement du baptême, il n’est pas lui-même lié à ses sacrements. »[8]  A. Fossion conclut : « Grâce à Dieu le salut circule librement » (p 587). Qui serions-nous si nous pensions pouvoir empêcher Dieu d’agir?

Que faut-il, s’interroge alors l’auteur, pour que « cette dynamique du salut se mette en branle dans la chair du monde, indépendamment de l’annonce évangélique ? » (p. 587) Dans la dynamique du salut il faut distinguer la part de Dieu et la part de l’homme. La part de Dieu est fondamentale et première: on est sauvé par grâce. Si « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés » (1Tm 2,4), cela signifie aussi que « les bons et les méchants » indistinctement, sont invités à la noce. (Mt 22, 10) Pour autant cela ne signifie pas que les hommes sont sauvés contre leur gré. La part de l’homme ne consiste pas à accumuler les mérites mais à accueillir le don de Dieu, à répondre à son amour, à entrer (ou au moins désirer entrer) dans l’esprit des béatitudes.

Cette dynamique n’est pas réservée aux chrétiens. « Le chemin des béatitudes, en effet, concerne tous les êtres humains sans distinction. Heureux êtes-vous, nous disent-elles, vous tous et toutes de toutes races langue, culture, conviction et religion, qui êtes – ou qui désirez être – pauvres de cœur, miséricordieux, doux, artisan de paix, assoiffé de justice, le Royaume des cieux est à vous ! » (p.587-8) L’auteur conclut : « Ainsi, depuis toujours et sous toutes les latitudes, la grâce de Dieu et la disposition de l’être humain à vivre, à l’écoute de sa conscience, dans l’esprit de béatitude sont-elles  ce qui opère l’engendrement à la vie de Dieu jusqu’au don de la vie éternelle. La pratique des béatitudes est, en ce sens, la voix commune, unique et suffisante pour trouver accès au salut que Dieu donne. »

Mais on pourrait se demander si l’écoute de la conscience dépasse le discernement moral et son obéissance ; ne faut-il pas que la pratique des Béatitudes inclue la foi en leur source et en leur révélation divines? N’est-ce pas ce qu’énonce la dernière des Béatitudes évoquant les persécutions « à cause de moi » ? Jésus dit aussi : « celui qui croit (en moi) a la vie éternelle » (Jn 6,47)[9] « Alors, si la pratique des Béatitudes suffit pour être engendré à la vie de Dieu, si l’appartenance à l’Eglise n’est pas une condition obligée pour bénéficier du salut, pourquoi faudrait-il encore annoncer l’Évangile ? »

« On n’annonce pas l’Évangile pour que le monde soit sauvé mais parce qu’il est sauvé » répond A. Fossion… et cette annonce met en joie : Evangelii gaudium! C’est par l’amour du Christ qui est en nous et pour répondre à cet amour que nous sommes poussés à annoncer à tous les hommes cette bonne nouvelle. Cette annonce se présente elle-même comme un acte de charité qui ouvre l’autre à la reconnaissance joyeuse de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ et offre une communion nouvelle en son nom. C’est de cette dynamique dont témoigne la première lettre de Jean : « Ce que nous avons vu et entendu du Verbe de vie, nous vous l’annonçons afin que vous soyez en communion avec nous. Et notre communion est communion avec le Père avec son Fils Jésus-Christ et nous vous annonçons cela pour que notre (votre) joie soit complète. » (1Jn 1,3-4) La création à laquelle se trouve attachée une promesse de salut est une première grâce. L’annonce et la reconnaissance explicite du salut accompli en Jésus-Christ est une grâce supplémentaire. « Et si l’annonce de l’Évangile n’est pas nécessaire pour le salut, elle est déterminante pour la vie, radicalement précieuse et salutaire pour ce qu’elle permet de reconnaître, de vivre, de célébrer et de désirer, dans la joie. » (p. 589)

L’auteur nous invite ensuite à repenser le processus d’évangélisation et distingue schématiquement quatre temps. D’abord, reconnaître dans la société les figures du salut en marche et s’en laisser instruire. Il s’appuie sur le messager qui dit aux femmes venues au tombeau : « il vous précède en Galilée, c’est là que vous le verrez » (Mt 28,7) L’Église doit « abandonner la prétention de détenir les clés qui, seules, ouvrent la porte du salut, et se laisser d’abord évangéliser en reconnaissant que le salut est à l’œuvre en elle, avant elle, et en dehors d’elle. » (p 590) De même que Jésus savait reconnaître autour de lui le salut déjà en marche[10], de même les disciples doivent savoir, ou apprendre à reconnaître, là où ils sont, là où ils vont, le salut déjà-là. L’enjeu est de se laisser évangéliser par les figures d’évangile déjà disséminées dans le monde, ce qui nécessite une attitude bienveillante envers le monde et nos proches car, en tous les hommes de bonne volonté, c’est l’Esprit-Saint qui agit et tous devons l’y reconnaître et nous laisser évangéliser.

Ayant reconnu la dynamique de salut déjà à l’œuvre dans le monde, les chrétiens, dans la foi, se découvrent ordonnés en premier lieu à la charité comme une fin en soi, sans prosélytisme ni ecclésiocentrisme. Toutefois, la charité n’est pas le monopole de l’Eglise sauf à considérer que tout humain qui agit selon les exigences de sa conscience est « ordonné de diverses façons, au Peuple de Dieu » (Lumen Gentium 16). Peuple sans frontières, apprenant à reconnaître que là où est l’amour, Dieu aussi est présent, les chrétiens doivent contribuer avec tous les hommes de bonne volonté à lutter contre ce qui défigure l’homme et à promouvoir les valeurs évangéliques dans la société (…) pour participer à l’émergence du Royaume déjà-là, à l’engendrement,[11] à la vie que Dieu donne. « Cet engagement de charité au cœur du monde l’humanise selon le dessein de Dieu. Il est une fin en soi » écrit le P. Fossion, ce qui n’est pas sans rappeler son compagnon, le P. Varillon qui aimait à dire : » Dieu divinise ce que l’homme humanise ».

Nous sommes dans la droite ligne de l’ouverture au monde préconisée par la constitution Gaudium et Spes, et l’on peut citer aussi Paul VI qui écrivait : « L’Église doit entrer en dialogue avec le monde dans lequel elle vit. L’Église se fait parole ; l’Église se fait message ; l’Église se fait conversation »[12]. « Mais, encore faut-il que la communauté chrétienne, dans son fonctionnement et ses institutions mêmes, soit effectivement dans le monde et pour le monde une figure d’évangile », (p.592) Cette exigence que rappelle A. Fossion vaut en tous temps mais particulièrement quand le monde découvre les abus de tous genres que l’institution a permis sinon engendrés. En ce sens, la crédibilité de l’Église repose sur la réelle qualité des relations qu’elle promeut (égale dignité de ses membres, avec tout ce que cela implique de participation et de synodalité) et la justesse de l’exercice du pouvoir en son sein (ordonné à l’épanouissement de tous et de toutes au travers de l’exercice réel du service et non d’une autorité accaparée). L’annonce de l’Evangile se greffe donc sur la pratique de la charité qui doit la précéder. « Si je n’ai pas la charité, dit Paul, je ne suis qu’une cymbale retentissante (1 Cor 13, 1). On pourrait dire que « l’idéal de l’Eglise est d’être un corps de charité, qui parle de la charité, avec charité. »

Ainsi articulée à l’exercice de la charité, l’annonce évangélique se décline en deux prédications : la prédication de Jésus et la prédication sur Jésus. La première est toute entière centrée sur les Béatitudes, sur le royaume et sur la révélation d’un Dieu père. La prédication sur Jésus lui-même, sur son œuvre et sur son identité est la prédication kérygmatique faisant état de sa vie, ses œuvres et ses paroles, révélant l’amour de Dieu pour les hommes jusqu’au sacrifice de sa vie qui prend toute sa dimension divine dans la résurrection. Cette prédication doit se faire dans le respect des personnes, avec la charité des mots, en étant « toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en nous, mais  avec douceur et respect. » (1P 3, 15-16). Il s’agit de prendre les personnes où elles sont, de ne pas les forcer mais respecter leur rythme et surtout leur conscience[13].

S’agissant de rendre raison de la grâce de Dieu, le processus d’énonciation doit lui-même être gracieux ; et l’auteur décline tous les sens du terme: gratuit, sans rien demander ni attendre en retour ; exprimant à Dieu une gratitude, une reconnaissance (de nous avoir choisi pour servir en sa présence); témoignant d’un esprit de pardon, qui « gracie » ; gracieux aussi comme est agréable un moment de plaisir, de bonheur ; gracieux comme lié à l’esthétique, la beauté; gracile comme ce qui est fragile, non-violent; doux. Ce style gracieux de la proposition de foi exprime la grâce de Dieu et la charité des mots. (p. 594)

Puis l’auteur distingue schématiquement six formes de l’annonce :

– La forme charismatique qui proclame la foi chrétienne de manière brève, intelligente et chaleureuse tout à la fois ;

– La forme narrative et testimoniale ou le témoin fait le récit de sa vie pour justifier ses raisons de croire ;

– La forme expositive comme dans un ouvrage de théologie ou un catéchisme, qui fournit à ses lecteurs les éléments réfléchis qui autorisent l’acte de foi ;

– La forme dialogique (ou apologétique) qui s’efforce, dans le cadre d’un débat argumenté, de rendre compte de la foi ;

– La forme liturgique car pour beaucoup de personnes la liturgie des chrétiens tient souvent le rôle d’une première annonce ;

– enfin la forme culturelle qui fait valoir dans le champ culturel lui-même la mémoire du christianisme, les traces de son histoire son patrimoine artistique, ses valeurs éthiques, son trésor de spiritualité, sa réflexion philosophique et théologique.

En conclusion, l’auteur insiste sur le caractère communautaire et existentiel de l’initiation chrétienne. « Il est nécessaire », déclare-t-il « que les communautés chrétiennes mettent en place un dispositif qui permettent d’accompagner ceux et celles qui se laisse toucher par le message évangélique », et ce dans la durée car devenir chrétien…prend du temps! En effet, l’initiation chrétienne ne commence pas par l’enseignement des vérités de la foi, mais par l’ouverture d’un espace de fraternité et d’hospitalité mutuelle. Cet espace ouvre ensuite un partage amical autour des Évangiles et du Credo en lien avec les expériences de vie et les questions qu’elle pose. Ce dispositif initiatique offre des expériences de vie communautaire de célébration et de prière, de service et de partage, qui donnent à penser et à désirer. « C’est le principe traditionnel de la mystagogie : on vit une expérience et l’expérience invite à la réflexion ; elle devient le point de départ d’un apprentissage ». La mise en place de ce dispositif initiatique engage les communautés locales sur un chemin où elles sont elle-même évangélisées et  évangélisantes, catéchisées et catéchisantes.

Bernard PAILLOT

[1] A. Fossion, Repenser l’évangélisation, Nouvelle Revue Théologique, t. 141 n° 4 oct.-déc. 2019, pp. 583-596.

[2] Paul VI, Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi sur l’évangélisation du monde moderne (80), 1975. http://w2.vatican.va/content/paul-vi/fr/apost_exhortations/documents/hf_p-vi_exh_19751208_evangelii-nuntiandi.html, consultation le 11/11/2019. Ne buttons pas sur cette expression du salut à la forme active : dans les lignes précédentes, Paul VI écrivait : « Dieu peut accomplir (le salut)  en qui Il veut par des voies extraordinaires que lui seul connaît. »

[3] H. de Lubac, Catholicisme, Cerf, 1938, p. 194

[4] Lumen Gentium 16

[5] Ad Gentes 7

[6] Evangelii nuntiandi n° 80

[7] Il existe de nombreuses références scripturaires qui peuvent l’évoquer mais leur interprétation et, par conséquent, leur utilisation nécessite de prendre en compte leur contexte culturel pour éviter l’anachronisme d’une rétro-projection de nos concepts. Cette approche fera l’objet d’un autre article. Les lecteurs qui voudraient emprunter cette piste pourront, sans risque, prendre appui sur l’encyclique Laudato si, en particulier les n° 77, 83, 99 et 299.

[8] CEC 1257 qui reprend Tomas d’Aquin  ST III, q.64, a.7,c.

[9] L’énonciation de la dynamique de l’offre universelle du salut et, conjointement, son accomplissement en Jésus-Christ ne fondent pas seulement l’élan missionnaire mais conduisent aussi à considérer une révélation divine dans les religions non chrétiennes. C’est le domaine de la théologie chrétienne du pluralisme religieux.

[10] cf. : « va, ta foi t’a sauvé » (Mc 10,52); « tu n’es pas loin du royaume » (Mc 12,34).

[11] Cf. Ph. Bacq et Ch. Théobald directeurs, Une nouvelle chance pour l’Evangile, Vers une pastorale d’engendrement, coll. Théologies pratiques,  éd. de l’Atelier, Paris, 2008.

[12] Paul VI Encyclique Ecclesial suam n°67, 6/08/1964, http://w2.vatican.va/content/paul-vi/fr/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_06081964_ecclesiam.html, consultation le 11/11/2019

[13] Cf. Paul VI Egangelii nuntiandi (08/12/1975) n° 79 http://w2.vatican.va/content/paul-vi/fr/apost_exhortations/documents/hf_p-vi_exh_19751208_evangelii-nuntiandi.html, consultation le 11/11/2019

« Lancez le filet à droite de la Barque! » Le filet dans la Bible

Filet

« Jetez le filet à droite de la barque ! » – Le filet dans la Bible

Le filet dans l’Ancien Testament est essentiellement un moyen de capture. Que ce soit celui de l’oiseleur, celui du chasseur, ou encore celui du pêcheur, ils servent tous à emprisonner dans un réseau solide une proie qui s’est laissée prendre à l’intérieur, ou bien qui s’abat sur elle pour l’empêcher de se libérer.

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Christus vivit

Une Église ouverte aux jeunes et à leurs questions

Christus vivit, tel est le titre – « Christ est vivant[1] », en latin – de l’exhortation apostolique, datée du 25 mars 2019, publiée par le pape François à la suite du synode qui s’est déroulé à Rome du 3 au 28 octobre 2018 : « Les jeunes, la foi et le discernement des vocations ». La présence récurrente dans le texte des mots « vie », « vivant », « vivre » témoigne qu’il s’agit là avant tout d’une exhortation à une vie en plénitude, menée à la suite du Christ.

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« Qu’aurait fait Jésus dans cette situation? »

C’est la question que semblait opposer une des auditrices à la conférencière lors de cette matinée de l’Ecole des Disciples Missionnaires, lorsque celle-ci eut fini de présenter le difficile cheminement moral de la prise de décision. Continuer à lire … « « Qu’aurait fait Jésus dans cette situation? » »

« Qu’il prenne sa croix… » (Marc 8,34)

porter sa croixEn ce temps de Pâques, la méditation biblique que je vous propose est inspirée par l’injonction que l’on trouve en Marc 8,34 (Traduction TOB):

« Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive. » Continuer à lire … « « Qu’il prenne sa croix… » (Marc 8,34) »

Norman C. Tobias, La conscience juive de l’Eglise, Jules Isaac et le concile Vatican II

Norman Tobias(traduit de l’américain par John E. Jackson)  Biographie  2018  Ed. Salvator

Nous avons tous (ou presque…) entendu parler du manuel d’histoire pour les lycées, « le Malet-Isaac » et donc le nom de Jules Isaac nous est familier même si nous ignorions la personne qui se cachait derrière ce nom. Cependant, le livre de Norman C. Tobias : La conscience juive de l’Eglise, Jules Isaac et le Concile Vatican II (en anglais : Jewish Conscience of the Church, Jules Isaac and the second Vatican council) n’est pas centré sur cette notoriété d’historien scolaire, mais sur le rôle qu’il a joué dans la réforme de l’enseignement de l’Eglise catholique concernant les juifs et je judaïsme. Il est à présent reconnu que Jules Isaac fut l’influence déterminante derrière le quatrième paragraphe de la déclaration conciliaire Nostra Aetate de 1965[1] qui présente la position officielle de l’Eglise catholique concernant ses rapports avec les grandes religions du monde. Continuer à lire … « Norman C. Tobias, La conscience juive de l’Eglise, Jules Isaac et le concile Vatican II »