Spectacle « Une tête de nuage »

PierrePhilippeDevaux-1La compagnie Coup de Chapeau production propose une adaptation théâtrale du roman Une tête de nuage d’Erri De Lucca. Le texte est centré sur la personnalité de Joseph, père de Jésus, mentionné dans les textes évangéliques liés à l’enfance de Jésus et qui disparait ensuite des sources. Eloignée de la tradition qui présente Joseph comme un vieillard ayant accepté sans remise en doute la maternité d’origine divine de Marie, le récit met en scène un Joseph jeune, doutant de lui-même, s’interrogeant sur la paternité et cherchant la singularité de son fils. Le texte dense, truffé de références bibliques, interroge sur le devenir de chacun, au croisement de son héritage culturel et familial et de sa singularité propre.  Il ouvre la voie à une liberté de pensée et d’action  éloignée de tout déterminisme. L’adaptation théâtrale met en scène un Joseph qui nous est inconnu par les textes mais qui nous semble familier par son humanité. Pierre-Philippe Devaux (photo ci-dessus) incarne avec beaucoup de sincérité et de douceur ce Joseph, dévoué à son épouse Marie, incarnée par Myriam Sentado, énergique et tendre à la fois. Cette belle adaptation a été jouée pour la première fois à Elbeuf, jeudi 20 juin 2019. Elle sera proposée au mois de juillet au festival off d’Avignon. On ne peut qu’encourager à aller la voir.

Jean-Marc Goglin

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Pourquoi lire quand on est chrétien?

Le Père Vincent Holzer, dans la préface à l’édition de la thèse de Jean-Baptiste Sèbe, résume ainsi le travail théologique de Hans Urs von Balthasar : « Voir le Christ dans le monde »[1]. Ces quelques mots sous-entendent la première raison pour laquelle un chrétien est conduit à lire. Continuer à lire … « Pourquoi lire quand on est chrétien? »

Le labyrinthe de Chartres

Labyrinthe de ChartresPourquoi s’attarder sur ce détail architectural de la cathédrale aimée de Charles Péguy ? C’est la question très ciblée que nous poserons à propos de ce sanctuaire marial qui attire les pèlerins en foule aussi bien que les étudiants en école d’art, les fondus d’ésotérisme, les simples touristes, les voyageurs avertis, les « amis » de ce lieu rayonnant de spiritualité… C’est parce que ce labyrinthe est fait pour être parcouru et qu’on ne s’y perdra pas, le chemin est unique. Continuer à lire … « Le labyrinthe de Chartres »

Duchamp, Mystique ou mystificateur?

Roue de véloCette année 2018 marque le cinquantenaire de la mort de Marcel Duchamp, et la ville de Rouen s’est mise en quatre pour célébrer cet enfant du pays, par un ensemble de manifestations intitulé : Duchamp dans sa ville. Rouen est-elle bien la ville de Marcel Duchamp ? Que veut dire ce possessif ? Continuer à lire … « Duchamp, Mystique ou mystificateur? »

Patrice de la Tour du Pin, l’auteur de La quête de joie

Patrice de la tour du Pin en 1975

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N’y aurait-il pas un risque à ne connaître que le premier recueil de Patrice de la Tour du Pin, à n’accéder qu’à un fragment de son œuvre ? C’est une question qu’on peut poser dans la mesure où dès le départ ce recueil et ceux qui suivront ont été conçus comme devant former un tout, sous le titre général de Somme de poésie, parcours monumental en devenir. La somme (summa, en latin) est un genre littéraire du moyen-âge, à visée didactique et encyclopédique, dans des domaines tels que le droit ou la théologie (Saint Thomas d’Aquin). Nous sommes au XX° siècle, dans les années trente, et le poète n’a pas vingt ans. Il assigne à la poésie une haute fonction, sous un titre lui-même connoté.

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Petite voix, petite voie : chemin de sainteté ? Marie Noël, 1883-1967

Marie-NoëlLe nom de cette poétesse est connu ; son œuvre, moins, comme il arrive souvent. Poétesse : à notre sens, le féminin ne sied guère à ce mot, surtout lorsqu’il désigne un(e) auteur(e) aussi peu mièvre que possible, aussi humble qu’on peut l’être quand on a, dès l’enfance, le sentiment d’avoir été choisie pour une voie singulière et dotée d’une voix autre :

Les autres sont des gens,

Les autres sont des femmes,

Les mains pleines d’argent,

Pleine de bonheur l’âme…

Moi, je suis, dans le bois qui ne sait, une source.

Je suis l’eau que ne boit personne dans sa course…

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