Petite voix, petite voie : chemin de sainteté ? Marie Noël, 1883-1967

Marie-NoëlLe nom de cette poétesse est connu ; son œuvre, moins, comme il arrive souvent. Poétesse : à notre sens, le féminin ne sied guère à ce mot, surtout lorsqu’il désigne un(e) auteur(e) aussi peu mièvre que possible, aussi humble qu’on peut l’être quand on a, dès l’enfance, le sentiment d’avoir été choisie pour une voie singulière et dotée d’une voix autre :

Les autres sont des gens,

Les autres sont des femmes,

Les mains pleines d’argent,

Pleine de bonheur l’âme…

Moi, je suis, dans le bois qui ne sait, une source.

Je suis l’eau que ne boit personne dans sa course…

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Pierre Emmanuel : La seconde naissance

la-seconde-naissanceLes éditions Albin Michel ont édité récemment (2016) une anthologie du poète Pierre Emmanuel, textes choisis et présentés par Anne-Sophie Constant, docteur et agrégée de Lettres classiques, spécialiste de poésie contemporaine. Ce volume est le bienvenu dans la mesure où il est devenu très difficile de se procurer des éditions de Pierre Emmanuel.

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Max Jacob, illustre inconnu

max-jacobTout le monde connaît son nom, certains se souviennent qu’il a accompagné les débuts du cubisme avec Picasso, qu’il a été un poète plus ou moins proche du surréalisme, une grande figure du Montmartre de la Belle Époque… mais peu de gens savent que, dans le parcours de cet artiste inclassable, deux apparitions du Christ ont révélé en lui un mystique d’une rare profondeur, exprimant ses expériences dans ses deux langages : à travers les gouaches, dont la vente lui permettait de survivre, et  sa foisonnante production poétique. Ce qui relie toutes ces œuvres, c’est une totale liberté d’expression synthétisant les multiples facettes d’une personnalité particulièrement riche en contradictions.

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Mère Geneviève Gallois, la fuite inutile

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En avril 2004, on vit fleurir dans les rues de Rouen de curieuses affiches annonçant la grande exposition proposée cette année-là par le musée des Beaux-Arts : loin des douces imageries impressionniste ou classique auxquelles cette ville nous a habitués, on y voyait quelque chose de très graphique, dans lequel se détachait une silhouette de religieuse maniant sans onction ni componction un fer à repasser des plus triviaux, dans un décor peint en un froid camaïeu de gris. Une écriture acérée, assurément de la même main que le trait  ayant dessiné cette figure caricaturale, se détachait ce commentaire concis : « On repasse ». Continuer à lire … « Mère Geneviève Gallois, la fuite inutile »

La beauté peut-elle nous sauver ?

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Pier Angeli

Qui n’a pas envie de répondre oui à une telle question ? Qui ne sacrifie à la beauté une grande partie de son temps, de son argent, de son énergie ? Et cela dans toutes les sociétés, dans toutes les cultures ? La quête de beauté n’est-elle pas le propre de l’homme ? Que l’on pense à l’art de vivre athénien, cherchant à faire du citoyen accompli le kalos kâgathos , c’est-à-dire le bel et bon, la beauté du corps reflétant celle de l’âme ; que l’on se tourne vers les civilisations du Pacifique où les peintures corporelles, les bijoux, les armes sont poussées à des points de perfection formelle dépassant de loin des objectifs pragmatiques ; même notre société de consommation cherche à sublimer son  matérialisme outrancier et se retrouve à poursuivre la beauté  de façon quasi-totalitaire, notre meilleur des mondes vivant sous le diktat de la beauté : ne voyons-nous pas fleurir des instituts de beauté un peu partout, jusque dans nos campagnes ?

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Le « Triomphe de Thomas d’Aquin » de Bonaïuto

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Le triomphe du sujet pensant

Les « triomphes de Thomas d’Aquin » sont un genre pictural des XIVe et XVe siècles[1]. En 1355, le frère Zanobi de Guasconi a chargé le peintre florentin Andrea di Bonaiuto de l’exécution d’une fresque dans la chapelle Santa Maria Novella de Florence[2]. La glorification a été peinte sur la paroi gauche entre 1365-1367. Elle présente Thomas en majesté manifestant ainsi son « triomphe ». Mais de qui ou de quoi l’Aquinate est-il le triomphateur ?

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L’intérieur mystique des Églises

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Dimanche après dimanche, la splendeur de la nef romane m’accueillait, fraîche, paisible, immense et lumineuse. Même quand il faisait un temps maussade, l’intérieur me semblait superbe, dirigeant mon besoin de prière vers le fond arrondi, l’abside, où la double élévation de hautes fenêtres se dresse comme un retable lumineux ; et les jours où le soleil faisait briller les piliers les uns après les autres, créant des pans d’ombres et des éclats de lumière, organisant sa présence en vue de la joie de cette vieille dame qu’était l’abbatiale, c’était comme un Paradis.

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