Les Éblouis, un film de Sarah Suco

Les eblouisCe film est l’histoire à peine romancée de la réalisatrice, qui a vécu dans une communauté religieuse charismatique dans le sud de la France de 8 à 18 ans, âge où, dit-elle, elle a fui de cette communauté, y laissant ses parents qui y vivent encore. Elle y était avec ses trois frères et sœur. Sarah Suco, à travers l’histoire (et depuis le point de vue) de Camille, son alter ego, décrit comment cette communauté, d’apparence bienveillante et chaleureuse, s’est transformée pour elle en un enfer, où les personnes sont infantilisées, et manipulées, voire violentées. Elles y entrent cependant de leur plein gré, ayant besoin de la protection et de l’atmosphère de solidarité qui règne au sein de ce groupe. Sarah Suco explique : « Ces communautés reposent sur de nobles intentions de base : vœux de charité, de solidarité, d’entraide… Dans les années 70, elles ont fleuri un peu partout dans les villes et leur nombre continue de se maintenir, d’autant plus aujourd’hui avec le sentiment d’isolement, les valeurs grandissantes du vivre ensemble…Les journées de chaque membre, également des enfants, sont rythmées par les prières et les rituels de groupe : demande de pardon, chants, farandoles, séances de bénédictions dans l’Esprit Saint. Les tenues, les coiffures et les règles de vies sont régentées et très spécifiques et il est petit à petit impossible pour des enfants de continuer à avoir une vie sociale normale. » Continuer à lire … « Les Éblouis, un film de Sarah Suco »

L’Église agoniserait-elle donc ?

L'Eglise en procèsCertes, l’Église est en crise… une fois de plus. Certes, des membres de cette Eglise trop humaine commettent des fautes graves… une fois de plus. Certes, les adversaires de l’Eglise se réjouissent de sa mort prochaine… une fois de plus, depuis 2000 ans ! Pourtant ce navire, si souvent pris dans la tourmente, poursuit vaillamment sa route. L’Eglise est toujours bien vivante, rayonnante même. Alors le discours des anticléricaux, ce discours qui semble aujourd’hui atteindre même le moral de nombreux catholiques européens, reflète-t-il la réalité ?

On peut dans un premier temps démonter l’actuel (et permanent) réquisitoire contre l’Église historique, en reprenant rapidement quelques points de l’ouvrage récent dirigé par Jean Sévillia, L’Église en procès. La réponse des historiens (Tallandier Le figaro, 2019). Et rechercher ensuite les signes de la vitalité et de la sainteté de l’Église actuelle. Continuer à lire … « L’Église agoniserait-elle donc ? »

Wonder-woman: un « itinéraire augustinien »?

Wonder Woman

La sortie du film Wonder Woman (Patty Jenkins, 2017) a réactivé les débats portant sur ce personnage de DC Comics pour la première fois adapté au cinéma. Si certains s’enthousiasment, d’autres dénoncent la faiblesse du scénario. Ceux-ci reprochent à l’héroïne mise en scène de ne pas suffisamment incarner le féminisme. Il nous semble que cette critique est trop tôt adressée et que l’intérêt du film réside dans la présentation de l’itinéraire de la jeune Diana. En effet, il nous semble que l’itinéraire présenté peut être rapproché de celui présenté par Augustin d’Hippone, notamment dans ses Confessions. Comparer les deux pourrait sembler au mieux hasardeux, au pire franchement ridicule. Pourtant, plusieurs éléments peuvent permettre de prêter à Diana un « itinéraire augustinien ». Continuer à lire … « Wonder-woman: un « itinéraire augustinien »? »

« Tout est accompli » par F. Meyronnis, V. Retz, Y. Haenel

Tout est accompli« Tout est accompli » (Grasset 2019)

Auteurs : François Meyronnis, Valentin Retz et Yannick Haenel, de la Revue Ligne de Risque.

 « Etonnant silence médiatique sur un livre de métaphysique, articulant les questions de notre actualité babillarde alimentant la sourde révolte des peuples à l’histoire scientifique et politique des Temps modernes, à la philosophie, à l’exégèse biblique, à la pensée juive et à la littérature » : (Chronique de Cécile Guilbert dans La Croix du 19 juin 2109, dernière page).

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L’Eglise catholique face aux abus sexuels sur mineurs

L-Eglise_catholique_face_aux_abusMarie-Jo Thiel, l’Église catholique face aux abus sexuels sur mineurs, Bayard 2019, 717 p., 25 €

L’auteure, médecin ayant eu une pratique clinique, est Professeure d’éthique à la faculté de théologie de Strasbourg, Directrice du Centre Européen d’Etude et de Recherche en Ethique (CEERE), Présidente de l’Association européenne de théologie catholique, membre de l’Académie pontificale pour la vie. C’est dire ses compétences et sa notoriété. Si le scandale public des abus sexuels commis par le clergé sur des enfants est récent, c’est probablement parce que l’enfant est maintenant considéré et traité comme une personne, que l’on sait mieux l’écouter et que l’on a pris conscience du traumatisme et de la longue durée des séquelles dont la honte profonde qui envahit la victime (oui, la victime !) lui rendant la parole difficile, ce qui conduit à des révélations tardives qui, alors, étonnent et sont le plus souvent prescrites sur le plan pénal. Pourtant, ce sont ces prises de parole – récentes – sans doute aidés par les réseaux sociaux et les médias qui ont obligé la hiérarchie cléricale à avouer ce qu’elle cachait et à prendre des mesures progressivement rigoureuses.

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Spectacle « Une tête de nuage »

PierrePhilippeDevaux-1La compagnie Coup de Chapeau production propose une adaptation théâtrale du roman Une tête de nuage d’Erri De Lucca. Le texte est centré sur la personnalité de Joseph, père de Jésus, mentionné dans les textes évangéliques liés à l’enfance de Jésus et qui disparait ensuite des sources. Eloignée de la tradition qui présente Joseph comme un vieillard ayant accepté sans remise en doute la maternité d’origine divine de Marie, le récit met en scène un Joseph jeune, doutant de lui-même, s’interrogeant sur la paternité et cherchant la singularité de son fils. Le texte dense, truffé de références bibliques, interroge sur le devenir de chacun, au croisement de son héritage culturel et familial et de sa singularité propre.  Il ouvre la voie à une liberté de pensée et d’action  éloignée de tout déterminisme. L’adaptation théâtrale met en scène un Joseph qui nous est inconnu par les textes mais qui nous semble familier par son humanité. Pierre-Philippe Devaux (photo ci-dessus) incarne avec beaucoup de sincérité et de douceur ce Joseph, dévoué à son épouse Marie, incarnée par Myriam Sentado, énergique et tendre à la fois. Cette belle adaptation a été jouée pour la première fois à Elbeuf, jeudi 20 juin 2019. Elle sera proposée au mois de juillet au festival off d’Avignon. On ne peut qu’encourager à aller la voir.

Jean-Marc Goglin