Éléments de théologie et de spiritualité des écrits d’Etty Hillesum

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Etty Hillesum est née le 15 janvier 1914 et morte au camp d’Auschwitz en 1943, vraisemblablement le 30 novembre. Elle commence son journal  le 8 mars 1941, le dernier cahier conservé s’arrête en octobre 1942 et ses derniers écrits sont datés de début septembre 1943[1]. C’est dire qu’ils témoignent d’une brève période d’une vie abrégée précocement. Mais quelle richesse nous offrent-ils!

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Digne ou pas digne ?

Il y a quelque temps, dans une réunion de chrétiens, j’étais assis à côté de quelqu’un qui, entendant prononcer la phrase « Seigneur je ne suis pas digne de te recevoir » (ou bien l’une de ses variantes, je ne sais plus, du style : « personne n’est jamais assez digne pour Dieu »), l’a reprise en disant : « moi, je ne dis pas cela, personnellement je ne me sens pas indigne de le recevoir ». Du coup je me suis interrogé : si une personne ressent cela, avons-nous tort de répéter (depuis le centurion de Mat 8,8) que nous sommes indignes du Christ ? Et puisque notre humanité, pour Celui qui voulut s’y incarner, n’a pas été jugée indigne par Lui de le recevoir, qui sommes-nous pour vouloir la rabaisser à ses yeux ? On dira : ah, mais Dieu ne s’est pas incarné dans une chair pécheresse, il « a vécu notre condition d’homme en toute chose, excepté le péché » (Prière eucharistique) ; c’est le péché qui nous rend indignes de Lui, et l’attitude pénitentielle qui s’atteste dans la prière du centurion est saine et fondée. On la retrouve ailleurs dans l’évangile, dans la prière que se dicte le fils prodigue avant de repartir vers son père (Luc 15,19), ou dans la bouche du publicain dont Jésus dit qu’il fut justifié, et non le pharisien (Luc 18,13).

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L’intérieur mystique des Églises

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Dimanche après dimanche, la splendeur de la nef romane m’accueillait, fraîche, paisible, immense et lumineuse. Même quand il faisait un temps maussade, l’intérieur me semblait superbe, dirigeant mon besoin de prière vers le fond arrondi, l’abside, où la double élévation de hautes fenêtres se dresse comme un retable lumineux ; et les jours où le soleil faisait briller les piliers les uns après les autres, créant des pans d’ombres et des éclats de lumière, organisant sa présence en vue de la joie de cette vieille dame qu’était l’abbatiale, c’était comme un Paradis.

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Centenaire d’une gargouille

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« Les intellectuels sont des puits, les artistes sont des sources », Béatrix Beck.

Neufmarché, à la lisière de la Normandie et de la Picardie, est un passage obligé sur la route de Paris à Gournay-en-Bray, bourgade-rue traversée aujourd’hui par un défilé de voitures et de camions, autrefois par le chasse-marée. Une très belle église romane rappelle qu’elle fut aussi un lieu spirituel. L’écrivain Béatrix Beck, dont on célèbre cette année un centenaire discret, à son image, y a vécu ses dernières décennies. Nichée sur la colline des Flamands, elle se blottissait dans une  maisonnette aux colombages bleus, dont le pignon s’inclinait dangereusement comme un livre prêt à tomber d’une bibliothèque surchargée. Elle avait échoué là par hasard, après une vie ballottée, et constatait avec humour que, pour une Wallonne, finir sa vie aux Flamands, c’était un comble ! L’humour était décidément son arme : grâce à lui, son amour de la vie, son regard bienveillant sur ses frères humains, n’avaient pas été entamés par les épreuves qu’elle avait eu à traverser. Son exemple pourrait donner matière à réfléchir sur la question de l’humour et de la foi : ne sont-ce pas deux visions d’une même posture face à la vie, l’humour nous révélant une vérité cachée derrière les apparences [1]? Cette dimension semble trop souvent oubliée dans l’Église.

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12 ans de cafés théologiques

cafe-1L’initiative des cafés théologiques à Rouen remonte à octobre 2002, quand un groupe d’étudiants du Centre Théologique de Rouen (le CTU, lancé en 1996 par Mgr Duval), ont eu l’idée d’intéresser le public rouennais à des débats et des questionnements de nature théologique et religieuse, témoins certains sujets tels que « Faut-il enseigner les religions ? », « Peut-on être chrétien sans pratiquer ? », ou bien « Le Péché Originel ». Après 12 ans de questionnements et d’échanges et 105 sujets, l’équipe animatrice a décidé de passer la main, même si pour l’instant il n’y a pas de candidats pour la relève, que nous espérons bien sûr, même si elle doit venir après un temps de latence.

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Christologie et Trinité à l’Époque des Pères de l’Église, du 2ème siècle au concile de Chalcédoine (451)

La foi trinitaire et la foi christologique sont déjà attestées dans certaines expressions du Nouveau Testament, en particulier la formule du baptême en Mt 28, 19 (« de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit »), pour la Trinité, et le prologue de Jean, 1, 14 (« Et le Verbe s’est fait chair et il a campé parmi nous »), pour la christologie. Néanmoins la difficulté à admettre le scandale de l’Incarnation conduit très vite à des hérésies christologiques. Selon l’adoptianisme, le Christ n’est qu’un simple homme sur lequel l’Esprit Saint est descendu ; inversement, le docétisme judaïsant, puis gnostique, contre lequel luttent Ignace d’Antioche, Irénée de Lyon ou Tertullien, nie la réalité de l’incarnation et des souffrances du Christ, sous prétexte d’en préserver la divinité.

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LA LIBERTÉ : VALEUR CHRÉTIENNE OU CONCEPT RÉPUBLICAIN ?[1]

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Le concept de liberté est un concept difficile à définir. Le libellé du sujet laisse d’ailleurs penser qu’il existe une définition religieuse de la liberté et une définition républicaine de la liberté qu’il convient d’opposer. Certes, des événements politiques récents ont opposé des groupes de personnes défendant des théories de la liberté différentes, elles-mêmes appuyées sur des conceptions de l’homme et de la société radicalement opposées. Notre point de vue est qu’une stricte opposition, sans nuance, de deux théories contraires ne semble pas être le meilleur moyen de définir au mieux le concept de liberté ni de montrer en quoi ces théories, sans être totalement conciliables, ont suffisamment de points communs pour permettre un dialogue possible et nécessaire dans le cadre de la « res publica ».

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