J.F. Braunstein, La philosophie devenue folle, le genre, l’animal, la mort

BraunsteinJean-François Braunstein, Professeur de philosophie à l’université Panthéon-Sorbonne (http://www.ihpst.cnrs.fr/membres/anciens-membres/braunstein-jean-francois) est un spécialiste de l’histoire des sciences. Dans son dernier ouvrage, il s’intéresse à trois thèmes : le genre, l’animal et la mort. Aucun de ces thèmes, liés à l’identité ou à la souffrance, ne pose, à priori, de réel débat philosophique : chaque être humain a des droits et mérite de vivre libre et heureux quel que soit le genre auquel il appartient ; l’animal est un être doué de sensibilité et ne mérite pas de souffrir ; la mort est une fin tragique qui touche tout être vivant et suscite incompréhension et souffrance dont chacun souhaite se protéger.

Jean-François Braunstein passe au crible les réflexions de certains philosophes américains, John Money, Peter Singer ou encore Judith Butler, fondateurs de courants de recherches en « gender studies », « animal studies » et en bioéthique. Ceux-ci posent ouvertement les questions suivantes : si le genre n’est pas lié au sexe biologique pourquoi ne pas en changer régulièrement ? Toutes les vies se valent-elles ? Peut-on avoir des relations sexuelles mutuelles et satisfaisantes avec son animal de compagnie ? Peut-on utiliser un vivant défectueux pour permettre à un autre de prolonger sa vie ? Ces questions semblent être de passionnantes questions de logique propices à stimuler la réflexion. Mais Jean-François Braunstein déconstruit les réponses apportées. Il montre que derrière ces questions se profile, non pas le souhait d’améliorer les conditions de vie des êtres vivants, mais une volonté d’abolir les limites entre les sexes, les humains et les animaux et les vivants et les morts. S’appuyant sur une déconstruction du langage, ces philosophes américains défendent l’idée qu’il n’existe que des individus singuliers. Ils nourrissent les fantasmes d’abolition de toute différence et de toute limite tout en légitimant l’eugénisme et une nouvelle forme de hiérarchie entre les êtres vivants.

Jean-François Braunstein livre une analyse, fine, parfois caustique, toujours engagée. Il a le mérite de rappeler que certains thèmes ne se pensent pas en termes de logique. La réflexion anthropologique et la réflexion éthique doivent rester des domaines de recherches. Ce livre les nourrit.

Jean-Marc Goglin

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